BARGIP NOURRICERIES

Programme pour l'amélioration des connaissance sur les populations de bar en Atlantique nord-est. Synthèse des résultats de l'action "nourriceries"

Mots-clés : bar, évaluation des stocks, zones fonctionnelles, nourriceries, indices d'abondance, gestion de la ressource, amélioration des connaissances

Contexte

Bargip est un projet national de recherche sur le bar européen (Dicentrarchus labrax) lancé en 2014 en partenariat entre le Ministère en charge de l’Environnement et de la Pêche, le Comité National des Pêches Maritimes et Elevages Marins, France Filière Pêche et l’Ifremer.

Il se constitue de trois volets : étude des données professionnelles, marquages et nourriceries

L’objectif de Bargip était de produire des données et connaissances sur le bar susceptibles de contribuer aux diagnostics et recommandations du Conseil International pour l’Exploration de la Mer (CIEM) relatifs à la gestion de l’espèce par l’Union européenne en Atlantique du Nord-Est.
L’une des actions prioritaires retenues a porté sur les nourriceries de bar.

Les juvéniles de bar se développent dans des nourriceries côtières, principalement en secteurs estuariens, durant leurs 2-3 premières années de vie. Ils gagnent ensuite les zones « d’engraissement » également colonisées par les adultes à la belle saison (avril/décembre). Les bars deviennent adultes à un âge compris entre trois et sept ans selon les individus. Ils se reproduisent alors en hiver, en se regroupant en grand nombre au sein de frayères généralement situées au large.

Schématisation des trois grandes zones fonctionnelles du bar :

  1. nourriceries estuariennes ou côtières où vivent les juvéniles,
  2. zones d’engraissement fréquentées par les adultes (et les plus grands juvéniles) du printemps jusqu’à l’automne,
  3. zones de frayères, généralement au large, où a lieu la reproduction (ponte des femelles et fécondation externe des œufs par les mâles) en hiver et au début du printemps.

Objectifs

  • Développer un protocole pour produire des indices annuels d’abondance pouvant servir à la gestion de la ressource

Méthodologie

Treize campagnes de chalutage totalisant 57 jours de mer ont été menées entre mi-2014 et fin 2016 dans deux nourriceries pilotes (estuaires de l’Aulne en rade de Brest et de la Loire).

La mise au point du chalut
La première étape a consisté à dessiner, puis tester et mettre au point un chalut adapté à la capture des juvéniles de bar dans les nourriceries estuariennes. Les bars sont des poissons rapides, capables d’importantes accélérations pour éviter un chalut. Il s’agissait de concevoir un engin d’échantillonnage le plus grand possible, tout en restant manœuvrable à partir d’un navire professionnel d’une dizaine de mètres et d’une puissance de l’ordre de 100/110 KW, et ce avec un tirant d’eau suffisamment réduit pour accéder aux secteurs peu profonds des parties les plus en amont des estuaires. Le choix final, après simulations sur ordinateur et réunions d’échanges avec les professionnels participant au projet, a porté sur un chalut à Grande Ouverture Verticale (2,40 m) et de sept mètres d’écartement horizontal. Ce chalut est doté de mailles dégressives, de 120 mm étirées à l’ouverture jusqu’à 18 mm étirées dans le cul de chalut, afin de posséder une capacité de filtration élevée tout en permettant de capturer de très jeunes juvéniles (à partir de 4-5 cm de longueur).

Les opérations de réglage de ce chalut se sont achevées fin 2014. Elles ont nécessité l’utilisation de capteurs d’écartement de panneaux et de mesure de l’ouverture verticale du filet. Le chalut est aujourd’hui réglé pour être tracté à une vitesse de 3,5 nœuds, tout en restant pleinement efficace dans les petits fonds (entre 2,5 et 10 m) qui constituent les habitats préférentiels des juvéniles de bar.

Résultats

Une fois le protocole défini, et l’ensemble des moyens opérationnels indispensables acquis, les campagnes de pêche de 2015 menées dans l’Aulne en rade de Brest et de 2016 menées en estuaire de Loire ont alors permis de :

  • caractériser l’habitat que constitue une nourricerie à juvéniles de bar, avec comme variables explicatives majeures de la répartition des juvéniles la salinité, et dans une moindre mesure, la bathymétrie.
  • confirmer l’étagement des différentes classes d’âge au sein de l’estuaire : les plus jeunes juvéniles, nés dans l’année (« G0 », i.e. individus du groupe zéro) ou l’année précédente (« G1 ») se cantonnent dans les parties les plus amont, c’est-à-dire les plus dessalées, et les moins profondes de l’estuaire. Les individus plus âgés, des groupes G2 et G3 colonisent peu à peu l’ensemble de l’estuaire, jusqu’à acquérir un comportement proche de celui des adultes à partir de l’âge G4, et ne sont alors plus inféodés à l’estuaire, mais simplement à la zone côtière (« zone d’engraissement ») durant la belle saison.
  • produire des indices d’abondance en juvéniles de bar suffisamment précis pour pouvoir être utilisés en tant qu’outils de prévision des recrutements futurs, c’est-à-dire de répondre à la question : quelle sera l’importance des flux de jeunes adultes qui, en atteignant la taille minimale de capture, vont devenir exploitables dans 2 à 4 ans.

Concernant les autres espèces peuplant les estuaires, ces campagnes ont également permis leur échantillonnage, et donc, tout comme pour le bar, la production d’indices d’abondance, ou de données biologiques indispensables à la para métrisation des modèles d’évaluation d’état des stocks (courbes de croissance, relations taille/poids, ogives de maturité…).

Conclusion

Une proposition de réseau de suivi englobant les trois estuaires majeurs de la Seine, la Loire et la Gironde a été formulée. Ce réseau qui devrait être initié à partir de 2018 permettra de produire les indices d’abondance spécifiques attendus pour la gestion de la ressource. Des indices écosystémiques permettant de suivre l’évolution de la diversité et de la richesse des peuplements démersaux et pélagiques des espaces estuariens soumis à de fortes contraintes anthropiques pourront aussi être produits. Ils constitueront un complément des suivis menés dans le cadre de la DCE-Masses d’eau de transition, pour lesquels des échantillonnages sont également réalisés dans ces estuaires, mais au chalut à perche, engin qui permet un suivi des espèces benthiques (posées au fond), mais pas celui des espèces démersales et pélagiques.

Thématiques du projet

Connaissance des ressources et des écosystèmes, Gestion des pêches

Statut du projet

Terminé : 01/10/2013 - 31/12/2017

Zones

Golfe de Gascogne, Manche et mers celtiques, Mer du Nord

Espèce

Bar

Porteur du projet

IFREMERIFREMER

Partenaire

CNPMEMCNPMEM

Financeurs

IFREMERIFREMER

France Filière PêcheFrance Filière Pêche

Ministère de la transition écologiqueMinistère de la transition écologique

Ministère de l'Agriculture et de l'AlimentationMinistère de l'Agriculture et de l'Alimentation