BAITFISH Behaviour, performAnce and Impacts of Trap FISH

Mise au point d'une nasse à poisson innovante qui permettrait de diversifier les captures

Résumé du projet

Le projet Baitfish est né d’un intérêt croissant des pêcheurs professionnels pour la nasse à poissons. Les essais réalisés au début des années 2010 avec les nasses disponibles sur le marché n’ont permis de capturer que du congre et du tacaud, espèces de faible intérêt pour les pêcheurs professionnels. Il s’agissait de définir une espèces à cibler – qui s’est avéré être le griset (Spondyliosoma cantharus)-, de définir les meilleurs appâts permettant de l’attirer, puis de concevoir, étape par étape, un piège adapté à son comportement naturel grâce à l’utilisation de la vidéo sous-marine. Le prototype ainsi conçu répond à un cahier des charges établi en concertation avec les professionnels : bonne tenue dans le courant, faible encombrement à bord, moindre impact sur les fonds marins et évitement de la pêche fantôme en cas de perte de l’engin.

Parmi tous les appâts testés, la coque s’est révélée être le plus intéressant pour les expérimentations d’attraction du griset. La conception du prototype de nasse s’est basée sur une série de 4 hypothèses consécustive qui ont permis de définir une nasse flottée (ie. décollée du fond et donc orientable dans le courant), recouverte d’un filet en monofilament transparent avec une seule goulotte « rectangulaire ».

Sa tenue dans le courant et son ergonomie (ie. caractère pliant) ont été possibles grâce à la mise au point de montants métalliques articulés ou des montants en plastique sans mémoire de forme. L’impact des nasses sur les fonds marins a été évalué grâce à un système de stéréo-visio capable de détecter les mouvements de l’engin au cours d’un cycle de marée. Leur impact s’est révélé nul ou non significatif. La limitation de la pêche fantôme a été abordée via le développement d’un fil biodégradable permettant l’ouverture de la nasse et par conséquent l’échappement des poissons pris au piège en cas de perte ou abandon de l’engin. Une seconde application du travail sur les biomatériaux a permis le développement d’appâts artificiels constitutés de plastique biodégradable incluant dans sa formulation de l’appât naturel (poudre de coques déshydratées).

Contexte

Les nasses à poissons présentent un intérêt croissant auprès des pêcheurs artisanaux : elle permet une belle qualité et valorisation des captures, un fort potentiel de sélectivité et un faible impact sur les fonds marins. Cependant, les essais réalisés avant le projet Baifish avec les nasses dites « Norvégiennes » disponibles sur le marché avaient montré de belles performances de capture, mais seulement sur le congre et le tacaud, espèces à trop faible valeur marchande pour que ces engins soient largement adoptés par les pêcheurs professionnels.

Du fait de son potentiel a être un engin utilisé de manière durable, la nasse à poisson est aussi un sujet d’intérêt au sein de la communauté scientifique du Conseil International pour l’Exploitation de la Mer (CIEM), et en particulier le groupe de travail « Fishing Technology and Fish Behaviour » (FTFB).

Méthodologie

Le projet Baitfish a été mis en oeuvre à partir de l’hypothèse initiale qui consiste à dire que si un poisson peut être attiré par un hameçon appâté, il peut être attiré de la même façon à l’intérieur d’un engin de type nasse. Il s’agissait alors d’identifier les éventuels freins à l’atteinte de l’appât mis à l’intérieur du piège. Pour cela, une sélection d’appâts a été réalisée en première phase du projet, puis le piège a été conçu étape par étape, chaque étape ayant été validée par la consommation de l’appât. Les heures de vidéo sous-marines sur lesquelles s’appuient ce travail ont été traduites sous forme d’éthogramme pour caractériser le comportement du poisson face à l’engin.

Parallèlement, le développement de fil de plastique biodégradable pour réduire la pêche fantôme
et l’impact des nasses sur l’environnement a été réalisé en laboratoire puis testé en mer. Il en a été
de même pour le développement d’appâts artificiels composés de bioplastique et de chair de
coque déhydratée. Le comportement hydrodynamique du prototype de nasse a été décrit grâce à
des mesures en bassin d’essai. Quant aux mesures de l’impact physique des nasse sur les fonds
marin, elles ont été réalisées en mer grâce à la vidéo sous-marine.

Résultats

Le projet Baitfish a permis de développer un nouveau concept de nasse à poisson, robuste dans l’eau mais pliable à bord, décollé du fond pour éviter les prises accessoires de crustacés et s’orientable dans le courant pour optimiser les captures. Il a aussi permis de concevoir une solution pour limiter la pêche fantôme et d’initier des travaux de recherche appliquée sur le développement d’appâts artificiels à base de plastiques biodégradables.

Le projet Baitfish à permis de poursuivre la communication et la sensibilisation sur la nécessité de développer des engins de moindre impact permettant une bonne valorisation des captures.

Perspectives

Le développement d’un nouvel engin de moindre impact et utilisé de manière responsable pourrait permettre aux flottilles côtières de s’adapter plus facilement aux nouvelles contraintes liées à l’utilisation de l’espace maritime (ex : zones Natura 2000, Energies Marines Renouvelables).

Cependant, la capacité de pêche et la rentabilité économique de cet engin reste à démontrer dans les eaux françaises métropolitaines. La crise sanitaire ayant impacté le bon déroulement de la phase opérationnelle du projet, d’autres essais sont prévus en Méditerranée pour valider les engins dans le cadre d’une utilisation professionnelle.

Thématique du projet

Diminution de l’impact environnemental de la pêche

Statut du projet

Terminé : 01/01/2018 - 31/12/2021

Porteur du projet

IFREMERIFREMER

Partenaires

Université de Bretagne Sud

ComposiTICComposiTIC

CDPMEM FinistèreCDPMEM Finistère

Financeurs

France Filière PêcheFrance Filière Pêche

Union Européenne - FEAMPUnion Européenne - FEAMP

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