La filière de pêche française applaudit les efforts des pêcheurs européens pour la durabilité des espèces

Le 11 juin dernier, le Conseil International pour l’Exploration de la Mer (CIEM) a publié son évaluation annuelle de la ressource dans les eaux européennes, et le bilan est positif[1]. Chaque année, le CIEM,  constitué d’une centaine d’experts  formule des avis scientifiques pour la gestion des ressources et des écosystèmes marins. Ces avis sont d’une importance majeure puisqu’ils servent de support de décision à l’établissement annuel des Totaux Admissibles de Captures (TAC). Ces TAC fixent la limite des possibilités de capture pour la plupart des stocks commerciaux de poissons de l’Atlantique Nord Est, et  ces possibilités sont ensuite réparties  entre les pays membres de l’UE, sous la forme de quotas nationaux.

 

 

Pourquoi le bilan 2018 est-il positif ?

Ce rapport d’évaluation du CIEM montre que les stocks de poissons, c’est-à-dire les populations de poissons d’une même espèce que l’on peut pêcher dans une zone donnée[2], se portent de mieux en mieux en Europe, après plus d’une décennie d’efforts entrepris par les pêcheurs, sous l’impulsion de la Politique Commune des Pêches européenne. Depuis 2003, le chemin parcouru est à saluer puisque les populations de poisson suivies par les scientifiques ont augmenté de 39% dans les eaux européennes. Ainsi, le nombre de stocks gérés au Rendement Maximal Durable (RMD) est passé de 44 en 2017 à 53 en 2018, et représente désormais 70 % des stocks suivis par les scientifiques.

Le Rendement Maximal Durable est un indicateur important de la durabilité de la pêche : il s’agit de la quantité optimale de poisson que l’on peut pêcher sans affecter le processus de reproduction du stock. La Politique Commune des Pêches européenne a fixé un objectif d’arriver à une exploitation de tous les stocks des eaux européennes au RMD d’ici 2020. En 2010, seulement 31% des stocks suivis par les scientifiques étaient gérés durablement[3], contre 70% aujourd’hui !

Que peut-on espérer en 2019 ?

Ces bons résultats des efforts entrepris pour la préservation des espèces bénéficieront à l’ensemble des acteurs de la filière des produits de la mer, et surtout aux consommateurs, dès 2019 et pour les années à venir.

Mais il reste encore des défis à relever pour les pêches française et européenne comme la mise en place du plan de gestion pour la mer Méditerranée[4] ou encore la mise en œuvre de l’obligation de débarquement[5]. A ce titre, le projet Medfish4ever[6], qui rassemble les pays méditerranéens autour d’une volonté commune de garantir une pêche durable, constitue une dynamique collective pleine d’espoir pour une amélioration significative de l’état de la ressource là où il y en a le plus besoin.

[1] https://ec.europa.eu/fisheries/commission-sets-direction-sustainable-fisheries-and-launches-consultations-2019-fishing_fr

[2] https://wwz.ifremer.fr/peche_eng/Le-role-de-l-Ifremer/Expertise/Diagnostics/Notions-de-base/Definition-d-un-stock 

[3] https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:52009DC0224&from=EN

[4] https://ec.europa.eu/fisheries/sites/fisheries/files/com-2018-15-final_en.pdf

[5] http://agriculture.gouv.fr/peche-obligation-de-debarquement-des-captures

[6] https://ec.europa.eu/fisheries/inseparable/fr/medfish4ever#quicktabs-medfish4ever_fr

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