L’été 2026 a été marqué par des températures extrêmes, des canicules marines et un déficit d’eau important sur l’ensemble du territoire métropolitain. Dans un contexte déjà traversé par plusieurs années de crises, France Filière Pêche, s’appuyant sur les constats transmis par les différents maillons de la filière pêche française ont dressé un premier bilan des conséquences à court, moyen et long terme sur l’ensemble de la chaîne de valeur.
Le réchauffement de l’eau, l’acidification et les phénomènes d’eutrophisation modifient en profondeur le milieu océanique. Les professionnels observent des altérations physiologiques chez de nombreuses espèces (poissons plus petits, plus maigres, problèmes de reproduction) ainsi que des modifications des zones de répartition et de la nourriture.
- Des ressources fragilisées : L’exemple du bulot est révélateur, avec des captures divisées par deux en cinq ans. Durant l’été, la hausse des températures pousse les individus à s’ensabler, bloquant les captures et compromettant leur reproduction hivernale. De même, la pêche au thon rouge s’est révélée très difficile entre mai et août 2026, l’eau chaude modifiant le comportement alimentaire de l’espèce.
- Évolution en Méditerranée et espèces invasives : On constate une « tropicalisation » progressive de la Méditerranée, marquée par l’arrivée d’espèces des eaux chaudes et la raréfaction des espèces côtières traditionnelles. En parallèle, la prolifération d’espèces invasives (comme le crabe bleu) ou la prolifération de macroalgues et microalgues toxiques engluent ou colmatent les engins de pêche et étouffent le milieu.
- Un contexte mondial sous tension : L’épisode en cours d’El Niño affecte la productivité et la répartition des thonidés dans le Pacifique, perturbant le marché international.
Gestion de l’eau et chaîne du froid : l’aval sous pression
Les entreprises à terre ont également dû composer avec des contraintes opérationnelles inédites, mettant en péril la préservation de la qualité des produits.
La sécheresse a entraîné des arrêtés préfectoraux de restriction d’eau qui ont impacté directement la production de glace, le nettoyage des outils industriels et la conduite de certains procédés. Par ailleurs, la production de froid a atteint un seuil critique :
- Surconsommation d’énergie : Les installations frigorifiques ont tourné en sur-régime pour maintenir les températures, générant d’importants surcoûts énergétiques.
- Risques sanitaires et pannes : Les équipements n’étant pas calibrés pour de telles chaleurs répétées, les risques d’avaries se sont multipliés, augmentant les pertes sur les produits vivants et en élevage (notamment en mytiliculture).
- Perturbations logistiques : Les épisodes de chaleur extrême ont parfois fragilisé les infrastructures locales, à l’image des pannes de réseau électrique ayant paralysé l’activité de plusieurs criées et mareyeurs bretons en juin.
Relever le défi de l’adaptation
Bien que la baisse des volumes pêchés ait entraîné une hausse des prix à la première vente, celle-ci ne suffit pas à compenser les pertes de production et la hausse des charges pour les entreprises.
Face à ce constat, France Filière Pêche poursuit son engagement aux côtés de tous les maillons – de l’amont à l’aval – pour accompagner l’adaptation des pratiques, soutenir la recherche sur le changement climatique et pérenniser le modèle de la pêche française.
>> Découvrez ici la fiche de synthèse préparée par France Filière Pêche